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samedi 18 février 2012

The Wire : Un brin anachronique mais tellement bon !


C’est quelque chose comme un ras le bol des poupées barbie déguisées en inspectrices qui se pâment en découvrant des cellulllllles z’épithéliales dans un échantillon de je ne sais plus quoi et des experts en costard biberonnés au MIT et dopés aux gadgets high-tech. C’est aussi - comme souvent - un heureux hasard qui m’aura permis de découvrir The Wire plus de trois ans après la fin de sa cinquième et dernière saison. Découvrir et accrocher … fort !

Voici Baltimore, ses zones de non droit, son port, ses trafics, ses dealers, ses politiciens corrompus, ses journalistes pas tous incorruptibles et ses flics ! Parfois un peu idéalistes, ceux-ci ne sont jamais idéaux, car précisément trop humains.

La grande force de la série est de nous faire voir l’opiniâtreté de certains et la petitesse de bien d’autres. De confronter des malfrats obéissant à leurs propres codes et des policiers qui se débrouillent – que ce soit pour faire leur travail correctement ou pour atteindre plus confortablement l’âge de la retraite – malgré la rue et ses balles, malgré les contrordres dictés puis contredits par une hiérarchie carriériste et donc très faillible et malgré un chronique manque de moyens (qui contribue fort judicieusement à nous épargner tout clinquant).

dimanche 8 janvier 2012

La Conspiration: un très bon Robert Redford

Nous sommes en avril 1865. Bien que Richmond, la capitale des Etats confédérés, tienne encore, le Général Lee s'est rendu au Général Grant et la Guerre de Sécession s'achève. Déjà l'on commence à fêter la victoire. Mais Lincoln, 16e Président des Etats Unis - réélu en 1864 et prônant une réconciliation rapide entre Etats du Nord et du Sud - est assassiné par un acteur du nom de Booth, qui refuse la défaite.

Ce meurtre, ce complot en fait, premier assassinat d'un Président américain, fut ressenti par les unionistes comme un choc immense et un péril pour la nation. On verra donc, le gouvernement organiser dans l'urgence le procès des comploteurs devant une cour martiale dont on se doute que les débats seront bien peu impartiaux, lorsque l'on comprend que le but recherché est de pouvoir condamner au plus vite les accusés afin de permettre à la population de voir justice rondement menée.

John Rabe, le juste de Nankin

Photographie de John Rabe
1937, le Japon a attaqué la Chine. Shangai est prise et largement rasée. Nankin tombe à son tour et les troupes japonaises y commencent leurs exactions: exécutions systématiques des soldats chinois d'abord, rapidement suivies par de nombreux viols et l'assassinat de milliers de civils!
Durant les journées qui précèdent la prise de Nankin, nous assistons aussi aux préparatifs de départ du Docteur John Rabe et de son épouse. John Rabe, qui a mis sur pied la filiale de Nankin du groupe Siemens, aura vécu plusieurs décennies en Chine avant de se voir rappeler à Berlin. S'il était - bien sûr - membre du Parti, John Rabe était nettement moins fanatisé que son successeur, nazi bon teint chargé de la fermeture de Siemens Nankin.

C'est ainsi que nous verrons John Rabe faire déployer un drapeau à croix gammé géant dans la cours de son usine, afin de mettre ses employés chinois à l'abri des bombes japonaises, alors même que son remplaçant voulait empêcher lesdits ouvriers de se réfugier dans les installations de Siemens. Malgré l'ironie de voir le drapeau à croix gammée protéger des civils, on assiste-là au premier acte d'humanité que John Rabe va poser aux cours de ses derniers jours à Nankin.

John Rabe va en effet accepter de rester dans la ville soumise à l'armée japonaise afin d'y diriger la zone de sécurité internationale qui sera érigée à l'initiative d'une série d'Occidentaux dans le but de mettre à l'abri des dizaines de milliers de civils. Outre les difficultés à coopérer au sein d'une association regroupant des Allemands et des ressortissants des "démocraties", le fort bon film de Florian Gallenberger nous donne à voir la prise de conscience humaniste de plus en plus grande de John Rabe, ainsi que ses prises de position et de risques de plus en courageuses.

John Rabe, le Juste de Nankin
est non seulement la transposition - fort bien servie par de très bons acteurs - d'une page d'histoire, mais aussi un film qui tient le spectateur en haleine jusqu'à la dernière minute!

samedi 5 novembre 2011

Mary et Max: très sensible plasticine

L'affiche du très sensible Mary et Max
Mary, la petite Australienne, et Max, le quadragénaire New Yorkais, ont sans le savoir un point commun: ils vivent une grande misère active. Si le second croit s'en accommoder à peu près (on verra pourquoi), la première en souffre tellement qu'elle décide de choisir au hasard d'un annuaire le nom d'un possible correspondant et de lui envoyer comme une bouteille à la mer une lettre qu'elle confie à la poste australienne.

C'est ainsi que va naître une amitié entre Max, l'autiste qui rejette l'étiquette de "handicapé" et se demande comment il se peut que ses contemporains soient considérés comme normaux malgré leurs comportements, et la petite Mary qui questionnera épistolairement son "ami d'Amérique sur des sujets aussi importants que l'amour et l'amitié. Dès thèmes qui plongeront plus d'une fois, Max dans de profondes crises d'angoisse, tant ils l'amèneront à s'interroger sur ces sujets qui lui semblent étrangers, même inquiétants, ou encore à voir ressurgir des souvenirs traumatisants qu'il avait soigneusement enfouis.

Le Chat du Rabbin: une fable à déguster

Tiré d'une série en bande dessinée de Joann Sfar et adapté à l'écran par son auteur et Antoine Delesvaux, Le Chat du Rabbin est un très beau et très bon film d'animation qui se déroule dans l'Algérie de la fin des années 20 ou du début des années 30.

Le chat du rabbin n'est point un animal domestique comme les autres puisqu'il se met à parler dans des circonstances que je vous laisse découvrir et ne se contentera dès lors plus de tenir le rôle de narrateur qui lui était dévolu! L'animal va en effet se révéler un peu menteur, un peu roublard aussi, mais, il va surtout se mettre à poser à son maître de bien embarrassantes questions et à égratigner le monde des humains qui l'entourent de remarques bien ajustées.

Un monde que Sfar place donc dans une Algérie française où certains colons méprisent tant les autochtones musulmans que juifs. Un petit univers méditerranéen dans lequel lesdits autochtones - eux - vivent pourtant en harmonie. Mais voici que l'arrivée rocambolesque d'un jeune peintre juif russe qui a quitté le pays des soviets pour partir à la découverte de la Jérusalem d'Afrique va entraîner le rabbin, son chat, son cousin le Cheik Mohammed Sfar, un Russe blanc servant d'interprète et notre jeune peintre lui-même dans une nouvelle croisière Citroën, en direction de l'Ethiopie.

Si vous voulez - comme je l'espère - en savoir plus sur leurs aventures, je ne saurais trop vous conseiller de regarder Le Chat du Rabbin, dont voici la bande annonce:



Si vous hésitez encore, vous pouvez aussi lire l'avis d'Isabelle sur CréatiVive ou consulter le site le Chat du Rabbin (mais attention: ce dernier en dévoile beaucoup! )

samedi 22 octobre 2011

La Vague - un film à voir par esprit de vigilance!

La Vague, un film réalisé en 2008 par Dennis Gansel, nous fait participer à un atelier de quelques jours dirigé par le professeur Rainer Wenger. Celui-ci s'est vu confier - à son corps défendant - la tâche de faire réfléchir un groupe de lycéens sur le thème du totalitarisme. Pour intéresser ses étudiants à cette thématique et à ses mécanismes, Rainer Wenger va instituer un totalitarisme à l'échelle d'une classe.

Nous assistons ainsi à la mise en place d'un jeu de rôles où vont successivement s'installer, puis s'épanouir, les concepts de la force par la discipline et de la force par la communauté, l'importance de la désignation d'un ennemi, le port de l'uniforme, le rôle du salut et le pouvoir de l'action.

samedi 1 octobre 2011

A voir ! Incendies de Denis Villeneuve

Incendies est un très bon film ! Réalisé par le Québécois Denis Villeneuve et basé sur une pièce de théâtre de Wajdi Mouawad, Incendies est une tragédie. Plusieurs tragédies imbriquées en fait : celle d’une guerre civile, celle de destins qu’elle déforme et celle d’une famille face à l’Histoire et à son histoire propre.

Les noms des personnages historiques et des lieux géographiques de la guerre civile libanaise s’inscrivent en filigrane sur le voile des noms fictifs qui les remplacent ici. Un choix peut-être dicté par la volonté de laisser toute la place, toute l’exposition nécessaire, à la mise en lumière des mécanismes destructeurs d’une guerre civile où s’opposent des clans religieux, où le vocable « frère » devient mobile de meurtres.

samedi 17 septembre 2011

Le Cinéma Arenberg est gravement menacé : Indignez-vous, maintenant !

Par sa programmation particulière, l’Arenberg a contribué à ma formation. Sans doute a-t’il fait de même pour la vôtre et peut-être le fait-il encore !

Est-il nécessaire de rappeler que l’Arenberg est des très rares lieux à Bruxelles à programmer des films d’art et d’essai, des films indépendants, des productions confidentielles aussi. En d’autres termes, un cinéma d’art, de culture, qui échappe à la logique mercantile des majors et des grands complexes cinématographiques.

Outre cette programmation dédiée à l’Art et l’ouverture au monde, l’Arenberg est aussi engagé dans plusieurs projets à dimension socio-culturelle. En témoignent un programme d’initiation au septième d’art destiné aux enfants, un travail d’animation dans les écoles en discrimination positive, le Ciné-club de l’ASBL Lire et Ecrire (groupes d’alphabétisation pour adultes), et d’autres encore.

C’est donc un précieux espace socio-culturel, vivant, et – pour paraphraser Cornélius Castoriadis* – un îlot de résistance qui est gravement menacé de disparition par l’approche de la fin de son bail (au 31 décembre 2011) et le refus du propriétaire des lieux (les Galeries Royales St-Hubert) de prolonger celui-ci.

Je vous invite donc à vous
indigner immédiatement et à signer la pétition mise en ligne sur le site du Cinéma Arenberg, pour que celui-ci puisse continuer à élargir l’horizon culturel et cinématographique de nombreux amateurs d’Art !

La pétition 

*Philosophe cité dans la carte blanche consacrée au sauvetage de l’Arenberg par le journal Le Soir ce 16 septembre 2011

mardi 19 juillet 2011

Les soaps me donnent de l’urticaire. Mais pas The Big Bang Theory!

C’est épidermique, je fuis la télévision lorsque passe un soap. Donc, souvent.
Je trouve ces machins-là exécrables : scénarii inconsistants, acteurs (?) de cinquième zone, éclairage de bazar, rires en boîte, …

The Big Bang Theory est l’exception qui confirme la règle : voilà un soap qui me fait vraiment rire ! Quelle palette de personnages ! Tous plus délirants les uns que les autres. Songez donc : un quatuor de geeks authentiques, surdoués, tous ou presque Docteurs en matières obscures comme par exemple la physique quantique et chacun doté d’une personnalité propre et affligé de ses propres névroses, inaptitudes sociales et autres TOC.

Ajoutez à ce quatuor une voisine de palier blonde, venue à LA pour se lancer dans le cinéma mais serveuse pour gagner son pain, l’un ou l’autre ascendant au bord de l’hystérie et quelques tentatives de conquêtes amoureuses ; mélangez et vous obtenez une série aux situations vraiment hilarantes !

Le tout est d’ailleurs – et c’est encore une exception – porté par des acteurs crédibles.

Pour vous faire une idée, des extraits d’épisodes sont visibles sur le site de CBS.

Et un autre venant de Youtube:

dimanche 5 juin 2011

Inconditionnel de: Lie To Me

Trois saisons et PAS de quatrième en préparation pour cette série Fox. Et quelle série! Pour moi l'une des deux ou trois meilleurs des quinze dernières années, ni plus, ni moins.

La première ligne de force du scénario tourne autour des enquêtes menées par le Groupe Litghman, fondé par un as de la détection du mensonge - le Dr Cal Lightman (Tim Roth) - associé à la psychologue Gillian Foster (Kelli Williams).