dimanche 8 janvier 2012

John Rabe, le juste de Nankin

Photographie de John Rabe
1937, le Japon a attaqué la Chine. Shangai est prise et largement rasée. Nankin tombe à son tour et les troupes japonaises y commencent leurs exactions: exécutions systématiques des soldats chinois d'abord, rapidement suivies par de nombreux viols et l'assassinat de milliers de civils!
Durant les journées qui précèdent la prise de Nankin, nous assistons aussi aux préparatifs de départ du Docteur John Rabe et de son épouse. John Rabe, qui a mis sur pied la filiale de Nankin du groupe Siemens, aura vécu plusieurs décennies en Chine avant de se voir rappeler à Berlin. S'il était - bien sûr - membre du Parti, John Rabe était nettement moins fanatisé que son successeur, nazi bon teint chargé de la fermeture de Siemens Nankin.

C'est ainsi que nous verrons John Rabe faire déployer un drapeau à croix gammé géant dans la cours de son usine, afin de mettre ses employés chinois à l'abri des bombes japonaises, alors même que son remplaçant voulait empêcher lesdits ouvriers de se réfugier dans les installations de Siemens. Malgré l'ironie de voir le drapeau à croix gammée protéger des civils, on assiste-là au premier acte d'humanité que John Rabe va poser aux cours de ses derniers jours à Nankin.

John Rabe va en effet accepter de rester dans la ville soumise à l'armée japonaise afin d'y diriger la zone de sécurité internationale qui sera érigée à l'initiative d'une série d'Occidentaux dans le but de mettre à l'abri des dizaines de milliers de civils. Outre les difficultés à coopérer au sein d'une association regroupant des Allemands et des ressortissants des "démocraties", le fort bon film de Florian Gallenberger nous donne à voir la prise de conscience humaniste de plus en plus grande de John Rabe, ainsi que ses prises de position et de risques de plus en courageuses.

John Rabe, le Juste de Nankin
est non seulement la transposition - fort bien servie par de très bons acteurs - d'une page d'histoire, mais aussi un film qui tient le spectateur en haleine jusqu'à la dernière minute!

dimanche 27 novembre 2011

Frank Tallis: Docteur es polar viennois

Vienne au tournant de l'autre siècle. Vienne capitale d'un empire au sommet de sa puissance politique et de son rayonnement culturel. Vienne aussi, qui par delà la valse, l'apparat et les pâtisseries, se penche non sans réticence sur les mystères de l'inconscient exploré par Freud, s'effarouche des nus et des audaces chromatiques de Klimt, s'aventure parfois dans les quartiers ouvriers, tout comme dans les arcanes du spiritisme et se distrait au Prater.

Une ville, sa société, sa hiérarchie, ses racismes - tant sociaux que purement raciaux, tout cela dépeint en filigrane des enquêtes menées par un duo d'amis formé par un inspecteur de police et un psychanalyste, tous deux par ailleurs mélomanes.
 
Tout ce qu'il faut pour constituer des romans que l'on a bien du mal à lâcher au moment de s'endormir!

La potion magique des Black Keys

The Black Keys en concert: à g.
Patrick Carney et à d. Dan Auerbach
Je les ai évoqué il y a quelque temps déjà, mais réécouter le Magic Potion des Black Keys me donne envie de revenir  aujourd'hui à ce groupe!  Certes les ingrédients de leur potion magique sont connus, de même que sa recette qui navigue entre Heavy Blues et bon vieux Rythm and Blues. The Black Keys sonnent juste, direct et immédiat! La musique semble venir tout droit des tripes de ce duo américain, fondé en 2001 et qui a qui sorti depuis pas moins de 7 albums studio parmi lesquels je recommande tout particulièrement The Big Come Up (2002) et Magic Potion (2006).

Voici d'ailleurs un extrait de Magic Potion emprunté à YouTube




Et un lien vers une page Wikipedia consacrée au groupe

samedi 5 novembre 2011

Mary et Max: très sensible plasticine

L'affiche du très sensible Mary et Max
Mary, la petite Australienne, et Max, le quadragénaire New Yorkais, ont sans le savoir un point commun: ils vivent une grande misère active. Si le second croit s'en accommoder à peu près (on verra pourquoi), la première en souffre tellement qu'elle décide de choisir au hasard d'un annuaire le nom d'un possible correspondant et de lui envoyer comme une bouteille à la mer une lettre qu'elle confie à la poste australienne.

C'est ainsi que va naître une amitié entre Max, l'autiste qui rejette l'étiquette de "handicapé" et se demande comment il se peut que ses contemporains soient considérés comme normaux malgré leurs comportements, et la petite Mary qui questionnera épistolairement son "ami d'Amérique sur des sujets aussi importants que l'amour et l'amitié. Dès thèmes qui plongeront plus d'une fois, Max dans de profondes crises d'angoisse, tant ils l'amèneront à s'interroger sur ces sujets qui lui semblent étrangers, même inquiétants, ou encore à voir ressurgir des souvenirs traumatisants qu'il avait soigneusement enfouis.